Les rendez-vous de l’expérimentation

 L’OpenDataLocale sur la bonne voie

 

En décembre dernier était donné le coup d’envoi de l’expérimentation OpenDataLocale qui durera un an. Le 27 avril s’est tenu à Créteil la première journée de restitution de ce projet qui concerne 9 territoires pilotes. Retour sur cette journée. 

 

Plus de 130 participants ont assisté à la première journée de restitution publique d’avancement du projet OpenDataLocale, organisée par OpenDataFrance et INFOCOM’94 à Créteil.
Parmi la centaine de collectivités venues de toute la France, soulignons la part importante des nouvelles collectivités actives dans le paysage Opendata grâce au projet OpendataLocale (animateurs et communes pilotes).
De nombreux représentants de la société civile ont aussi répondu présents : médiateurs, consultants, éditeurs de logiciels, formateurs et journalistes ont pu découvrir le projet et participer aux travaux.
L’État était lui représenté par Laure Lucchesi qui a rappelé les missions d’ouverture menées depuis plus de 5 ans par le SGMAP/Etalab dont plusieurs responsables ont apporté leur contribution importante lors des témoignages et ateliers de l’après-midi.

La matinée a été dédiée à la présentation du projet open data locale avec le rappel du contexte (volonté d’ouvrir les données publiques), le cadre législatif (loi pour une République numérique qui oblige toutes les collectivités de plus de 3 500 habitants et de plus de 50 agents) et la présentation des territoires qui y prennent part. À ce propos Laurence Comparat, élue au numérique et à l’open data de Grenoble Métropole et Agglomération, a insisté sur ce point « Le contexte législatif a beaucoup évolué récemment en France et a complètement changé la donne. On a des obligations légales en matière d’ouverture des données publiques. {…} Cela bouscule nos administrations. »
OpenDataFrance a présenté le projet OpenDataLocale à ceux venus découvrir en quoi cela consiste et introduit le plan autour duquel est construit le projet. Le projet est composée en trois temps : le socle commun des données locales, la phase d’expérimentation et la phase de formation et sensibilisation. Le travail sur le socle commun et sur la formation vient alimenter la phase d’expérimentation en fournissant aux acteurs les outils dont ils ont besoin pour avancer. Véronique Vernoux de Soluris (SM de Charente-Maritime) a d’ailleurs pointé le besoin de renforcer les connaissances sur l’open data, ses enjeux et ses modalités de développement, tant pour les agents que pour les élus et les acteurs économiques du territoire.

Olivier FOUQUEAU, Directeur d’INFOCOM’94 a présenté le rôle du Syndicat Mixte Informatique dans l’accompagnement de ses communes adhérentes : sensibilisation, assistance et offre mutualisée de portail Opendata.

Cette journée a été l’occasion pour OpenDataFrance de rappeler l’importance qu’il y a pour cette association et ses partenaires à pouvoir s’appuyer sur les associations d’élus – AMF, ADCF, France-Urbaine… – qui jouent le rôle de relais de l’open data dans les collectivités qui pour l’heure n’ont pas pris part au projet. Et Laurence Comparat d’ajouter : « Dans une période de changement comme celle là, de rupture il est d’autant plus important que les élus s’emparent de cette question là et la porte car c’est un bouleversement extrêmement profond dans nos administrations. »
L’objectif de l’OpenDataLocale est de travailler à plusieurs, de co-construire, de partager avec ses paires et de documenter les actions et animations pour trouver la meilleure façon de faire parmi tous les acteurs de ce projet. Dans cet optique, l’association OpenDataFrance a commencé à échanger avec des partenaires thématiques tels que l’Association des Archivistes de France et Datatourisme.

Du côte de l’association, les travaux avancent et se matérialisent par une première production, la publication d’une cartographie croisant plusieurs jeux de données – dont un jeu sur l’ensemble des territoires qui ont ouvert leurs données et un autre sur les territoires engagés dans la démarche open data locale -. L’objectif recherché au travers de cette cartographie réalisée par Loïc Haÿ est de montrer la densité d’actions open data sur le territoire.
Ainsi la carte comporte plusieurs niveaux d’intensité de vert : plus la couleur est foncée, plus le territoire a ouvert de données. La couleur bleu est utilisée quant à elle pour marquer les animateurs (en bleu foncé) et les expérimentateurs territoriaux de la donnée (en bleu clair).

Le travail effectué auprès des animateurs territoriaux de la donnée se divise en six phases. La première phase est quasiment finalisée et a requis beaucoup de temps et de ressources en raison de son ampleur. Il s’agissait de fournir les moyens pour chaque territoire pilote de  « Devenir un territoire open data locale ».
La deuxième phase concerne la publication effective d’un ou plusieurs jeux de données. Cette phase sert à créer et partager la méthodologie de publication simple des données, l’hébergement des données. Elle vise à donner des solutions légères pour publier des données et à fournir des réponses simples aux questions fréquentes : quelles données ? Où ? Combien ça coûte ? Combien de temps ça prend ? Cette seconde phase est en lien étroit et doit se synchroniser avec la partie du projet portant sur la définition du socle commun de la donnée.
La troisième phase concerne toujours la publication, mais avec une nuance : il s’agit d’être en mesure de le faire à plus grande échelle et d’être capable d’accompagner une autre collectivité dans l’open data en produisant des documents qui facilitent la démarche aux autres acteurs. En effet, il ne s’agit pas de faire de l’open data pour l’open data, ou de publier quelques jeux et de passer à autre chose, mais bien d’être en mesure d’en publier des dizaines. Et à ce propos Laurence Comparat déclarait « {…} C’est un choc culturel pour nos institutions. Il va falloir travailler sur des habitudes qui sont profondément ancrées qui vont bousculer et l’administration et les citoyens et les citoyennes car nous changeons complètement de logique et d’approche et avec des ressources difficiles à mobiliser du fait du manque de moyen de nos collectivités. »

La quatrième phase vise à partager la culture des donnée au sein de l’organisation, en optant pour une meilleure gestion des données (mutualisation, suppression des doublons, améliorer la clarté des jeux de données en interne, de savoir ce qui est accompli par les autres agents ou collectivités).
La cinquième phase consiste à apprendre à utiliser ses données pour mettre en valeur les politiques publiques déployées par les élus. Cette mise en valeur peut se traduire par la publication détaillée des menus des cantines scolaires avec les listes des produits utilisés, les filières et les allergènes.

La sixième phase enfin quant à elle sera portée sur la communication des actions open data. Cette dernière phase aura pour intérêt de développer les interactions entre les services internes de la collectivité et surtout sur le territoire, vers les associations, les habitants et les entreprises afin de déterminer de quelle manière tous pourront être intégrés au processus de participation.

Enfin, OpenDataFrance a choisi d’ouvrir une base documentaire qui est en cours de création  et qui dans un premier temps sera alimentée à partir de l’ensemble des productions déjà existantes autour de l’open data. Cette viendra en supplément des deux guides produits par l’association – un troisième est en cours de production -. L’idée est de rassembler les documents existants portant sur les projets et les démarches open data afin de les mettre en avant et qu’ils soient accessibles à tous et notamment aux personnes qui cherchent à convaincre et et à expliquer ce qu’est l’open data aux élus et aux agents.

 


La ville de La Rochelle organisait le 23 mars 2017 son premier Hackathon

Durant quarante-huit heures, une quarantaine de personnes réparties en dix équipes se sont affrontées pour la création d’une plateforme de visualisation graphique et cartographique des données publiques fournies par la ville de La Rochelle. Les participants n’ont découvert leurs consignes qu’au dernier moment afin que tout le monde parte sur un pied d’égalité.

Le premier prix a été remis par Jean-Vincent Placé (secrétaire d’État chargé de la réforme de l’État et de la simplification). C’est l’équipe – Cousta Team – d’étudiants en première année de Master d’informatique de La Rochelle qui a remporté la récompense de 20 000€ pour le premier prix.
Pour la ville, ce premier hackathon est très enrichissant et d’ailleurs les équipes retravailleront sur la base des premières productions.

En parallèle, dans le cadre des Interconnectés Tour (le tour de France de l’association des élus), une journée était organisée à destination des communes qui souhaitent se lancer dans des démarches open data. Une dizaine d’élus, tant de la Nouvelle-Aquitaine que des communes des alentours, sont venus témoigner de leurs convictions sur l’ouverture des données. C’était également l’occasion pour Opendata France et d’autres partenaires de l’opération de présenter des recommandations et des outils pour se lancer dans de telles démarches.
Devant les deux cents personnes présentes, le ministre Jean-Vincent Placé a conclu la journée sur le fait que les démarches d’ouverture de données sont des axes de modernisation de l’État et ses composantes, tant à l’interne, qu’a l’externe..


Forum OpenData Lab Occitanie

Mercredi 22 mars 2017, des membres d’OpenData France et d’Étalab, ainsi qu’une centaine d’élus et agents se sont réunis à l’invitation d’OpenData Lab dans les locaux de Toulouse Métropole afin d’aborder le sujet de l’ouverture des données publiques.

Ce forum visait à élargir le nombre de collectivités ayant ouvert leurs données, car pour l’heure elles ne sont qu’une cinquantaine pour le territoire occitan.

La région Occitanie mise également sur trois aspects majeurs pour le développement de l’open data :

  • l’incitation à la collaboration avec des start-up pour le développement d’applications (mobilité, alimentation, travaux publics…).
  • une meilleure organisation des services publics, grâce au décloisonnement qui facilitera les relations entre acteurs du service public.
  • un regain de la confiance des citoyens qui avec l’ouverture des données publiques peuvent mieux prendre part à la vie de la cité.

L’après-midi était animés par les experts de l’ouverture des données, sous forme de quatre ateliers de vingt minutes ; ils étaient organisés autour des thèmes suivants :

  • licences, questions juridiques…
  • quelles données ouvrir et avec quelle structure ?
  • organisation du projet d’ouverture des données et évolution des modes de fonctionnement
  • éditorialisation et valorisation des données.

Un cinquième atelier permettait à quelques participants d’ouvrir les données de leurs communes sur le site data.gouv.fr. La journée avait pour objectif de tester la documentation mise en place par la démarche Opendatalab (http://www.opendatalab.fr/laboratoire/le-kit-collectivites). Quatre experts ont animé les ateliers de l’après-midi.

Le département de Haute-Garonne a annoncé l’ouverture prochaine d’une plateforme pour déposer les données en open data. Durant la journée, deux collectivités ont publié leurs données sur le portail data.gouv.fr et une dizaine ont appris à le faire et posteront des données dans les jours à venir.


Participation d’Opendata Locale au lancement du laboratoire @RCHIPƩL

Vendredi 17 mars 2017 a eu lieu à Lyon le lancement du laboratoire @RCHIPƩL. Cet événement rassemblait des acteurs régionaux de l’innovation dont des agents des collectivités locales et des services de l’état et des entreprises du territoire. L’objectif était de mettre en commun attentes et dans le cadre de la sensibilisation à l’ouverture des données publiques.

L’après-midi était structuré autour de trois ateliers :

  • la sensibilisation à la culture des données et de l’innovation visait à réfléchir aux dispositifs et supports à destination des agents ;
  • les réutilisations à imaginer  ;
  • les animateurs territoriaux.

Tous les acteurs présents ont été invités à participer aux débats, à proposer des idées et des projets.

L’atelier animé par Sarah Labelle visait à préparer le recrutement de nouveaux animateurs territoriaux pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et s’appuyait sur une réflexion collective autour  des qualités et compétences dont les animateurs doivent faire preuve, ainsi que les éléments pouvant être des freins.

Il est ressorti de ce travail de groupe que le cadre réglementaire ne peut à lui seul suffire au recrutement des animateurs territoriaux et que ce travail doit également passer par la sensibilisation des élus et de leur hiérarchie. L’atelier a permis de mettre en relief la nécessité de s’appuyer sur des réseaux pour l’apprentissage et l’expérimentation. Les projets peuvent constituer des chevaux de Troie permettant de travailler les données de façon indirecte : la thématique des données et de l’ouverture intervient par le besoin de partage et de mutualisation pour développer le projet.

La restitution des trois ateliers a permis d’insister sur différents aspects des transformations de l’action publique et de la modernisation des processus dans les collectivités grâce aux investissements effectués dans l’ouverture des données.

L’un des enjeux fondamentaux soulignés par les participants est d’avoir mis en avant la création de valeurs découlant de l’ouverture des données et l’importance de la formation de la jeune génération à l’ouverture pour assurer l’administration de demain.